Un numéro préparé par Laurent Chabin
ISBN: 978-2-89031-687-4, 10$
L’homme est une machine à tuer mais, sans la haine, il serait resté algue bleue, mollusque ou coelacanthe. C’est la haine qui fait de lui un animal social, puisqu’il ne s’associe pas pour jouir mais pour enfermer, exclure, détruire. Policé, il camoufle sa haine en indifférence, la dissimule derrière des chiffres: la mort d’un homme, c’est une tragédie; celle de plusieurs millions, c’est des statistiques.
Joseph Djougachvili savait de quoi il parlait…
La haine est immense et tentaculaire. Elle s’applique à tous les champs de l’activité humaine–et, n’en déplaise aux amis des animaux, à tous les champs de l’activité animale. Elle mobilise des forces comme aucune autre passion ne sait le faire, elle ne s’essouffle pas, ne connaît pas de repos, ignore le ravage des ans. Elle fait et défait les empires, érige et abat les tours, frappe sans arrière-pensée. La haine peut être aveugle, froide, furieuse. Inventive. Elle a du potentiel. En détruisant, elle permet la renaissance.
La haine est créative.
Enfin, la haine a du style. Pour peu qu’ils sachent la dompter, c’est une bénédiction pour les écrivains. Écrire sur la haine est une chose, bien sûr, mais écrire la haine en est une autre. C’était le défi proposé aux auteurs qui ont participé à ce numéro.
Avec des textes de:
Lettre à un écrivain vivant:
Dominique ROBERT à René LAPIERRE.
Un numéro préparé par Christine Leroy
ISBN: 978-2-89031-674-4, 10$
2010: Année internationale du rapprochement des cultures. Belle coïncidence pour ce Mœbius 124 qui s’est voulu dès le départ un espace de rencontre littéraire et de libre expression de voix autochtones et allochtones, une occasion de réfléchir sur notre rapport à l’Autre (l’Amérindien, le Blanc) et à soi, dans le Québec d’aujourd’hui.
«Parvenir à un accord.» Ainsi commence le premier texte. Le pari est ambitieux. Encore faut-il se parler d’abord, s’écouter, se comprendre pour espérer ensuite s’apprécier et vivre ensemble. Si j’ai appris, au fil du temps et des rencontres, à dompter un tant soit peu mon idéalisme d’Européenne lorsqu’il est question des peuples autochtones, il reste que je crois au bien-fondé d’un idéal qui nous pousse vers l’avant. J’ai fait mes premiers pas en forêt aux côtés d’Abitibiwinni pour lesquels j’étais, au même titre qu’eux, une Anishinabe. Au sens littéral du terme: un être humain. C’est dans cet esprit d’égalité et de respect mutuel que j’ai accepté de mener ce projet.
De territoires nordiques en espaces urbains, les auteurs vous convient à un parcours littéraire contrasté et ouvert où les identités se déclinent selon les sensibilités, parfois à fleur de peau. Vingt-quatre textes: autant de fragments de vie courageux, provocateurs, poétiques et philosophiques, autant de regards différents sur cette Amérique métissée où la rencontre avec l’autre reste fragile et le dialogue à établir. Instantanés d’une société qui cherche toujours à se (re)définir, les poèmes, nouvelles, récits et essais rassemblés ici témoignent tous d’une diversité qui est bonne à dire, et à écrire. Car chaque mot qui nous rapproche de l’autre vaut la peine.
Avec des textes de:
Lettre à un écrivain vivant:
Laure MORALI à N. Scott MOMADAY et sa réponse.Texte en mémoire:
«Souvenirs pour demain» de Paul TOUPIN commenté par Jean-Claude BROCHU.
Un numéro préparé par Marie-Hélène Montpetit
ISBN: 978-2-89031-669-0, 10$
«Et de plus loin encore me venait le sentiment qu’il était essentiel, pour s’armer et faire face à la mort, de procéder à l’inventaire de ce qu’on avait reçu parce que, inévitablement, les figures maîtresses de notre univers décéderaient un jour–si ce n’était déjà fait–, et j’ai eu envie de lancer les auteurs sur cette piste-là, de leur demander: De quoi vous souvenez-vous? Qu’avez-vous retenu de ce que vous avez reçu?
J’ai probablement eu le désir de fouiller ce thème, car je crois que la transmission peut être un geste amoureux, affectueux, rare, un geste qui nous métamorphose parce qu’on est tout à coup pénétré par la beauté, l’affection, le talent de gens qu’on admire, qu’on aime, qui nous aident à combler nos lacunes et qui, ainsi, nous sauvent de notre propre nuit et de notre propre ignorance.
Sans doute aussi ai-je eu le désir de fouiller ce thème, à travers les textes des autres, parce que je sais, comme vous, que, dans son versant plus sombre, la transmission peut être agent de mort et de désolation et que j’avais envie de lire ces textes durs, ces textes proches du cri, ces textes tordus à la beauté étrange qui disent qu’on peut organiser le chaos originel avec des phrases cohérentes et lucides de survivants.»
Avec des textes de:
Lettre à un écrivain vivant:
Guy Marchamps s’adresse à Anise Koltz.4 numéros/année (taxes incluses)
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